At Work / Part II ?

Chers lecteurs(trices), je préfère vous rassurer tout de suite, il ne s’agit pas d’un post relatif à ma situation professionnelle particulière, qui, mise en perspective avec le sujet de mon article, apparaît en total décalage et particulièrement déplacée.

Il s’agit tout simplement pour moi de partager quelques réflexions sur le rapport au travail aujourd’hui dans le monde par le biais de l’illustration photographique du site Big Picture, un an après le premier article Work through the World Wide Web, que j’avais dédié à la série de photos grand format édifiante sur le monde du travail, mise en ligne et sobrement intitulée « At work ». Une seconde série est à découvrir sur leur site ,« At work, part II », pour tenter d’apprécier visuellement si le monde au travail a changé…ou pas.

En lien direct avec la thématique du travail, j’ai souhaité aussi partager quelques réflexions sur l’état actuel du système économique mondial. En effet, au Forum économique mondial de Davos (incarnant communément le « bastion » du libéralisme) qui s’est achevé fin janvier 2010, la thématique de la régulation du système financier international, et pour pousser plus loin, celle de la « refonte » totale du système, est ressortie comme sujet principal.

La gestion de l’« après-crise », qu’aucun dirigeant ou banquier, n’a semblé encore vouloir dénommer ainsi (pour mieux conjurer la peur de la « Grande Dépression » évitée de justesse peut-être). Si rebond économique il y a, sa durabilité semble néanmoins plus qu’incertaine. L’année 2010 sera “volatile”, a résumé Zhu Min, vice-gouverneur de la Banque de Chine.

Pourtant, cette gestion de l’après-crise (je n’ai pas peur des mots), concerne directement les diverses forces vives mondiales : économiques,  politiques, syndicales, associatives et les force à dialoguer ensemble. Dialogue de sourds, sommes-nous rapidement amenés à penser, la balance ayant jusqu’à présent toujours penché dans le même sens. La question se pose effectivement : les grands financiers sont-ils et seront-ils toujours les maîtres ?

En réalité, d’un point de vue purement factuel, la grande crise n’a pu être évitée que grâce à une intervention purement étatique (alliant gouvernements et banques centrales) aussi massive qu’inédite dans l’Histoire. Ce gigantesque sauvetage – encore en cours – a fait virer les comptes publics de très nombreux pays au rouge, tandis que les banques se refont actuellement une santé…

Or, la reprise actuelle – encore fragile après la récession – repose toujours sur les plans de relance publics, le secteur privé restant à la traîne en comparaison. Il faut réglementer les banques au niveau international, ont ainsi asséné les participants au Forum économique mondial. Le discours des grandes banques s’est retrouvé écrasé par celui des politiques, mais aussi par les leçons données par les banques centrales. En contrepoint, les financiers n’ont cessé de mettre en garde les institutions avec leur argument fétiche : une surréglementation serait préjudiciable à l’octroi de crédits, et donc à l’emploi et à l’économie dans son ensemble.

La crise sociale, pendant de la crise économique, s’est, elle aussi, invitée à Davos : l’envolée du chômage, préoccupante dans les pays développés, étant prise très au sérieux. “Les Etats-Unis ont un gros problème de chômage, qui mettra des mois, voire des années à se régler”, a déclaré Larry Summers, conseiller économique à la Maison-Blanche.

Les thèmes de l’environnement et de son articulation avec le développement ont été également évoqués lors de cette édition inhabituelle du Forum économique mondial. La prise en compte des contraintes écologiques nous oblige en effet aussi à modifier radicalement le fonctionnement de l’économie réelle.

Sur ces bonnes intentions et ces bonnes paroles, il suffirait pourtant d’une étincelle pour que le monde replonge dans la récession. Qu’adviendra-t-il alors lorsque les plans de relance cesseront ? Ce sera « le temps des choix », nécessaires, inéluctables :

-         le retour aux vieilles habitudes, en laissant la part belle à la déréglementation et au libéralisme débridé,

-         la levée des freins aux transformations qui s’imposent (pour éviter une crise plus grave) : s’attaquer de front aux paradis fiscaux, oser remettre sur la table les rémunérations « indécentes » en période de crise économique et sociale des PDG et des acteurs de la finance, redonner à la finance la place première qui lui revient, celle d’être au service du développement de l’économie réelle.

Sur ces réflexions tardives – et même nocturnes – , je vous laisse à vos libres commentaires…

+ Yake +

  • Share/Bookmark

0 Responses to “At Work / Part II ?”


Comments are currently closed.