Deux expos sympas à la MEP

 

Un samedi de week-end de Pâques, qu’aller voir pour me changer les idées…et par la même occasion me nourrir l’esprit ?

Ni une ni deux, une expo photo ferait mon bonheur.

Donc nous voici, eutow et moi, en route pour la MEP (la maison européenne de la photographie, Paris 4ème).

 

Comble de moi, j’avais juste oublié que toute sortie un tant soit peu « culturelle » même sans prétention, doit bien entendu passer par l’étape de la file d’attente, composée pour l’essentiel de touristes, de Parisiens…non pressés (on n’est plus en semaine agglutinés les uns contre les autres dans les couloirs, escaliers et autres méandres situés six pieds sous terre), et de jeunes bobos dont je fais partie…même si je ne me reconnais toujours pas dans l’attitude « cool et détendue » et l’apparence « négligée et propre sur soi » si caractéristique.

Bref, au vu de la queue interminable qui se profile, la décision est vite prise : on abandonne pour le moment quitte à revenir en toute fin d’aprèm’, à la limite de la fermeture (on est borderline ou on ne l’est pas…). De retour quelques heures et…quelques averses plus tard,  on peut enfin accéder aux expos.

 

La première expo qui nous tente s’intitule « Urban Landscapes » et présente un bon aperçu du thème paysage urbain de l’architecte/photographe Jean-Christophe Ballot. Il s’agit de photos prises au cœur des grandes villes et qui révèlent, dans toutes leurs dimensions, leur architecture. Amateurs de tours démesurées et de sensations vertigineuses, ces photos devraient vous faire tourner la tête. De New York à Chicago, en passant par Shangaï et Singapour, les plus majestueuses tours s’élèvent sans fin vers le ciel, dessinant un paysage urbain tout à la fois démesuré, dense, vivant et déshumanisé. En partant de Berlin avant la chute du mur et en poussant vers l’est de l’Europe se dessine, en contraste, un espace vide, qui confine parfois à l’abandon, et où l’air semble tout à la fois plus présent et plus pesant que dans les mégalopoles si concentrées.

Le cœur de notre capitale et sa banlieue n’ont pas été oubliés. De Gennevilliers et sa zone industrielle aux « quartiers-villages » de Paris, un aspect trop tranquille voire figé ressort des photos. L’impression dégagée se retrouve alors en décalage avec nos représentations communes de la région parisienne comme véritable centre névralgique.

Pour faire le lien avec les nombreuses photos de tours présentées par Jean-Christophe Ballot, il est intéressant de remarquer que le scénario d’un « retour des tours » est actuellement étudié par le maire de Paris. En effet, il entrevoit dans cette architecture une opportunité importante de création de logements sur un espace disponible à ce jour très réduit (…si l’on ne prend pas en compte les surfaces de bureaux vides qui représentent également un potentiel important pour couvrir les besoins actuels cruciaux de logements). Ce développement urbanistique pourrait ainsi favoriser une mixité plus importante dans un centre parisien de plus en plus touché par les phénomènes de « gentrification » et de transformation à terme en ville-musée.

 

La deuxième expo que je vous recommande personnellement est celle d’un grand artiste, photographe japonais du XXème siècle, Shoji Ueda. La rétrospective complète de son œuvre s’échelonne sur près d’un siècle. Si vous aimez la photo teintée de poésie et de tendresse, de simplicité et de naturel, d’anecdotes et d’apartés courez-y…jusqu’au dimanche 30 mars.

Vous y ferez un voyage au travers des dunes de sables, avec en toile de fonds la mer dans tout ce qu’elle incarne de calme, de volupté et de force combinées. Le regard capté des enfants dans ce qu’il dégage de plus innocent, la famille continuellement présente et mise en scène, les excentricités créées…ou réelles des personnages, les mises en perspective originales, parfois étranges mais toujours renouvelées : si cet échantillon thématique vous inspire vous avez peut-être trouvé votre prochaine sortie !

Rajoutez un tirage photo d’une grande qualité, mêlant aux sujets photographiés cette tonalité d’épreuve sépia si caractéristique du début du XXème siècle, et vous obtenez des photos qui dégagent un charme certain et troublant. Dans le style, les photos exposées se rapprochent tantôt de l’art de la calligraphie par leur aspect épuré minimaliste japonais tantôt du courant surréaliste : de quoi surprendre plus d’un regard, même le plus averti !

 

Le compte à rebours commence : il ne vous reste plus que J-3 jours, bonne découverte photo!

 

Si vous souhaitez un petit aperçu des photos des deux expos, laissez-moi un commentaire et vous pourrez jeter un oeil dans la catégorie Photos…ou bien attendre pour voir le rendu original :-) .

 

+Yake+

 

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